Accueil
Artérite Virale Equine
GENERALITES SUR L’A.V.E.
(ARTERITE VIRALE EQUINE)

UN AGENT INFECTIEUX VIRAL

L’A.V.E. est une maladie virale et contagieuse due à un arterivirus. Seuls les équidés sont sensibles. Depuis 2006 (décret 2006-177 du 17 février 2006), l’artérite virale est une « maladie à déclaration obligatoire ». De ce fait, les laboratoires, les vétérinaires et les propriétaires doivent déclarer tous les cas positifs, ce qui permet un suivi de la fréquence de l’infection.
La nouvelle souche de virus AVE (Artérite Virale Equine) qui a sévi en Normandie en 2007 est beaucoup plus pathogène que les souches qui circulaient jusqu‘à présent en France. C'est chez la jument gestante que les manifestations les plus graves peuvent survenir : l'infection peut entraîner des avortements dans la proportion de 50 à 70 % survenant dans les deux à quatre semaines après contamination. Les avortements se produisent aussi bien chez les juments ayant présenté des signes cliniques que chez celles ayant fait une maladie asymptomatique.


MODES DE TRANSMISSION

La transmission de la maladie se fait soit par :

-voie respiratoire : par inhalation de virus provenant d’un cheval en phase clinique (phase très courte, 1 à 2 semaines). Cette voie aérienne (respiration, jetage) est particulièrement favorable à une contagion rapide, lors de tout regroupement d’équidés. A la différence de la gourme, la contamination indirecte (par du matériel souillé) est faible.

-voie vénérienne : uniquement d’un étalon excréteur aux juments qu’il saillit ou qui sont inséminées avec sa semence (fraîche, réfrigérée ou congelée). Une jument ne transmet pas le virus à l’étalon par voie vénérienne mais peut lui transmettre par voie respiratoire si elle est en phase clinique.

Il faut bien penser que la contamination d’une jument lors d’une saillie introduit le virus dans tout l’élevage où est hébergée cette jument car elle transmet le virus par voie respiratoire aux autres juments et poulains tant qu’elle est malade, d’où une diffusion importante…



DES SYMPTÔMES TRES VARIABLES, MASQUANT LA GRAVITÉ POTENTIELLE DE LA MALADIE

Les symptômes, dominés par la congestion et les oedèmes, sont très variables dans leur nature et leur sévérité ; ils sont très dépendants de la virulence et de la pathogénicité de la souche
(la souche « Normandie » impliquée dans l’épisode 2007 paraît plus pathogène).
En phase aiguë, l’A.V.E. évoque un « état grippal » dominé par la fièvre, un état dépressif, des signes oculaires et respiratoires (conjonctivite, rhinite, jetage) et des oedèmes des membres et du fourreau. Lors d’épidémies, les avortements peuvent survenir à tout moment de la gestation.
En phase chronique, l’A.V.E. devient quasiment sans symptômes ; pourtant, un fort pourcentage d’étalons peut rester infecté durant des périodes prolongées.


UN DIAGNOSTIC A ETABLIR FORMELLEMENT

Dans la forme aiguë, les symptômes peu caractéristiques de l’A.V.E. impliquent d’écarter la grippe équine, la rhinopneumonie équine (EHV1, EHV4), les infections à streptocoques, la gourme, le purpura hémorragique et l’anémie infectieuse des équidés. Des écouvillonnages naso-pharyngés et oculaires (conjonctivaux) permettent la détection virale directe.
Tout cheval suspect d’A.V.E. doit faire l’objet d’un prélèvement sanguin en vue de l’examen sérologique : toute positivité à ce test – signe le passage du virus – implique le diagnostic virologique.


IMPACTS DE L’A.V.E. SUR L’ÉLEVAGE

L’A.V.E., notamment par ses souches les plus agressives, revêt un impact médical et zootechnique très risqué pour les élevages. Les avortements peuvent être associés au cours d’une épidémie et ils peuvent aussi survenir entre 3 et 10 mois de gestation lors d’infections subcliniques (juments infectées sans symptôme apparent)
De plus, en cas d’épidémie, les poulains s’avèrent très sensibles.


CAS DES HONGRES

Il faut bien penser que la contamination d’un cheptel peut également être faite par la transmission horizontale (voie respiratoire) d’un hongre infecté lors d’un quelconque rassemblement de chevaux et mis en contact avec les chevaux d’élevage…
La surveillance clinique des chevaux doit donc être d’autant plus intense que les mouvements de chevaux seront importants (ex : rassemblement d’équidés, concours, foires, expositions…).


LE RESPECT D’UNE BONNE CONDUITE D’ÉLEVAGE

L’A.V.E. peut être prévenue et contrôlée par une bonne conduite d’élevage :
- par le respect de l’isolement de tout cheval entrant dans un cheptel (« quarantaine »).
- par l’examen quotidien de chaque cheval.

CONCERNANT LA RACE APALOOSA


Après avoir pris connaissance du dossier de l’Artérite Virale Equine, la Commission de Stud-Book de l’Appaloosa Horse Club France sous l’impulsion des Haras Nationaux s’est réunie le 22 novembre 2007 et, comme la majorité des associations de race,  a donc adopté diverses mesures dans le but d’empêcher le développement de l’AVE au sein de la race Appaloosa, en France.  Celles-ci sont applicables dès à présent.

1°) AUTORISATION DE SAILLIE POUR LES ETALONS

La première de ces décisions concerne l’obtention du carnet de saillie des étalons agréés pour produire en Appaloosa auprès des Haras Nationaux. Il a été décidé que tous les étalons doivent procéder, préalablement à l’obtention du carnet de saillie, à un dépistage sérologique de l’AVE, postérieur au 1er décembre 2007 et datant de moins d’un mois à la date de la demande. Ce résultat devra bien évidement être négatif afin de permettre la délivrance du carnet de saillie. Dans le cas ou il s’avèrerait positif, l’étalon concerné serait écarté définitivement de la reproduction dans le cas d’une séropositivité élevée. Dans le cas d’une séropositivé faible (limite entre le négatif et le positif), le cas de l’étalon concerné devra être étudié par une commission spéciale constituée par le président de la commission stud-book de l’ApHCF, le vétérinaire conseil des Haras Nationaux, et un vétérinaire spécialisé mandaté par l’ApHCF à cet effet. Cette commission vétérinaire statuera sur la possibilité ou non de faire saillir l’étalon concerné sous certaines conditions.
Un bilan des résultats de l’ensemble des étalons sera transmis par les Haras Nationaux à la Commission de Stud-Book de l’ApHCF qui lui permettra au club d’avoir un suivi en temps réel de l’avancée de la maladie au sein de la race. A l’issue de la saison de monte 2008,  un bilan complet des résultats sera établi et permettra à la Commission de Stud-Book de l’ApHCF de décider de la reconduction ou non en 2009 de l’ensemble des mesures appliquées cette année.

2°) LE CAS DES JUMENTS

La Commission de Stud-Book de l’ApHCF a également décidé de recommander le dépistage pour l’ensemble des juments sans le rendre obligatoire, sauf dans le cas des juments bénéficiant des saillies SSA.  En effet, afin de protéger les éleveurs propriétaires des étalons inscrits au Stallion Service Auction, toutes les juments acheteuses de ces saillies devront être testées pour l’AVE et devront bien évidement avoir un résultat sérologique négatif. la Commission de Stud-Book de l’ApHCF encourage chaque étalonnier à réclamer un test sérologique avec résultat négatif pour chaque jument proposée à la saillie.

3°) LA CHARTE DES ELEVEURS

Toujours dans le but de préserver la qualité de l’élevage de l’Appaloosa en France, il a été décidé que tous les éleveurs signataires de la Charte de l’ApHCF se doivent d’effectuer une recherche sérologique sur leurs chevaux. En effet, ceux-ci étant le reflet du « meilleur » de l’élevage de l’Appaloosa en France et leur liste étant largement diffusée par l’ApHCF, il est important que les potentiels acheteurs dans ces élevages puissent être certains de la transparence sanitaire de ceux-ci.

Cécile PERON,
Présidente de la Commission de Stud-Book de l’ApHCF
 
Appaloosa Horse Club France - Copyright n° 013087651 - Tous droits réservés